L'ordre Teutonique
L'Ordre
Teutonique, ou Ordre des Chevaliers Teutoniques de l'Hôpital
Sainte-Marie de Jérusalem (Ordo Sanctae Mariae
Teutonicorum), trouve son origine dans un hôpital
installé à Saint-Jean d'Acre, par des bourgeois de
Brême et de Lübeck. En 1198, ce qui n'était alors
qu'une confrérie hospitalière, s'organise en un
véritable Ordre pour les chevaliers allemands de Palestine,
dont la vocation est de combiner le règlement hospitalier
des Chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem (futur Ordre de
Malte) avec les obligations militaires des Chevaliers de Temple
(Templiers).
La marque distinctive de cet ordre, accordée par l'Empereur
Henri VI, est une croix noire sur un manteau blanc. Par la suite,
une croix potencée d'or est ajoutée par concession du
Roi Jean de Jérusalem, suite au siège de Saint-Jean
d'Acre, une aigle, par l'Empereur Frédéric II (en
même temps que le statut princier d'Empire), suite à
l'installation de l'Ordre dans le nord de la Pologne, et enfin des
fleurs de lys par le Roi Saint Louis.
La Bataille de Grunwald
15 juillet 1410
La bataille de Grunwald, a eu lieu 15 juillet 1410 entre l'ordre des chevaliers Teutoniques avec quelques chevaliers d'Europe de l'Ouest et une coalition de la Pologne, de la Lituanie, des mercenaires bohémiens et des Tartares. Elle est appelée aussi bataille de Zalgiris par les Lituaniens et première bataille de Tannenberg par les Allemands.
L'Ordre des Teutoniques et la Pologne avaient signé une paix perpétuelle en 1404. Mais en 1409, la région de la Samogitie (nord-est de la Lituanie), encore païenne prend les armes contre l'Ordre teutonique. Le royaume polono-lituanien appuie la révolte. Le Grand-Maître de l'ordre Ulrich von Jungingen déclare la guerre à la Pologne. L'année 1409 se passe en recherche d'alliés.
Forces en présence
D'un
côté l'imposante force des chevaliers teutoniques qui
ont battu le rappel. Ainsi, des chevaliers de l'Ordre venus de
toute l'Europe sont présents sur le champ de bataille
:
* 24 de Geniegau ;
* 120 de France (dont le futur maréchal de France Jean
Boucicaut) ;
* le comte de Hemb, bâtard d'Écosse.
Environ 27000 hommes du côté teutonique au total.
Les milices urbaines
sont également convoquées ; enfin, des mercenaires
tchèques, allemands, polonais, et des pirates de la Baltique
sont même engagés.
L'armée Polono-Lituanienne comprend environ 39000 hommes au
total.
Les alliés Wenceslas de Bohême et Sigismond de Hongrie n'envoient aucun renfort.
De l'autre, les Slaves avec les chevaliers polonais du roi WLadysLaw II Jagie??o, les Lituaniens du grand-duc Vitold, les mercenaires bohémiens de Sokol, tchèques ou moldaves. Vassaux de Lituanie, Smolensk et les Tartares envoyaient leur contingent, pour former un total de 29 000 chevaliers et 10 000 fantassins, supérieurs en nombre, mais moins bien armés et entraînés.
Le front est estimé a plus de 3 kilomètres de largeur.
Déroulement
En infériorité numérique, l'ordre dispose ses chevaliers sur une ligne, avec une réserve de cavalerie, et l'infanterie au centre.
En face, la cavalerie polonaise occupe l'aile gauche (au sud) ; la cavalerie lituanienne occupe l'aile droite, avec les vassaux Tatars à l'extrême-droite (au nord)., des contingents de cavalerie et d'infanterie polonaise, de la cavalerie lituanienne et les mercenaires bohémiens forment les réserves.
Le combat débute par une charge de front. Les cavaliers polonais réussissent à bousculer l'infanterie germanique, qui recule en bon ordre et est remplacée par de la cavalerie. Alors que l'aile gauche de Jagellon et le centre résistent à la poussée teutonique, l'aile droite est enfoncée ; quant aux cavaliers tatars, ils sont coupés du reste de l'armée polonaise, et sont poursuivis par un corps de chevaliers teutoniques.
L'aile droite polonaise estsérieusement mise à mal ; le grand-maître de l'ordre rappelle alors la cavalerie qui poursuivait les fuyards, et engage sa réserve pour déborder l'armée polonaise par la droite. Malgré l'engagement des réserves de cavalerie et des mercenaires pour combler les trous, l'enseigne royale polonaise est mise un instant à bas, et un chevalier teutonique engage le combat avec le roi Ladislas II. La garde royale le dégage, et la bataille bascule ensuite en faveur des Polono-Lituaniens.
En effet, voyant que les Teutoniques ont abandonné la poursuite, les cavaliers lituaniens et Tatars se reforment, et prennent à revers le centre adverse. L'infanterie est alors engagée, et achève l'encerclement. L'aile droite teutonique est coupée du reste du front, et le camp teutonique est pris.
Le grand maître, Ulrich von Jungingen, est abattu au milieu de ses chevaliers, ainsi que de nombreux dignitaires de l'ordre.
Bilan
51 bannières
prises
La Pologne devint alors la grande puissance régionale. Elle
annexe la Prusse occidentale et impose sa suzeraineté sur le
reste. En 1466, elle retrouva même
l'intégralité de sa façade maritime sur la mer
Baltique.
L'Ordre est durement mis à mal presque la moitié
des chevaliers teutoniques avaint été
tués. Quatorze mille autres hommes sont faits
prisonniers.Malgré cette défaite monumentale, l'ordre
teutonique fit preuve d'une résistance incroyable, se
retirant dérrière les fortifications imprenables de
Marienburg(Malbork), au nord.
Jagiellon ne possédait pas l'artillerie nécessaire pour effectuer un siège et dût renoncer à une victoire complêteLa situation demeura incertaine jusqu'à la guerre dde treize ans (1454-1466).Utilisant des mercenaires proffesionnels et de nouvelles méthode de siège, les Poloanis et les Lituaniens purent enfin vaincre l'ordre teutonique.
Le traité de Thorn signé en 1411 entre l'Ordre et la Pologne est cependant favorable à la Pologne.
Cette période de lutte au début des années 1400 fut immortalisée par l'excellent roman historique appelé"Les chevaliers teutoniques"Par Henrik Sienkiewicz.