La huitième croisade
1270
En Égypte, l'avènement des Mamlûks depuis les années 1250 modifie l'équilibre du Proche- Orient. Baybars, sultan du Caire, après avoir éliminé la menace mongole, s'emploie à partir de 1263 à détruire ou à conquérir les places tenues par les Francs. En 1265 Césarée et Arsour tombent ; en 1266 Baybars s'empare de Safed, à l'ouest du Jourdain ; en 1268 enfin Antioche est détruite.
Une fois de plus, seul le souverain capétien s'apitoie sur les malheurs de l'Orient latin.Saint-Louis veut racheter l'échec de 1250 dont il s'attribue la responsabilité. Mais l'aristocratie du royaume est réticente.Joinville lui-même lui opposa un refus alléguant, que pendant la croisade d'Égypte, les sergents du roi et ceux du roi de Navarre, comte de Champagne, avaient pendant son absence " détruit et appauvri ses gens " et que, s'il se croisait de nouveau, il irait contre la volonté de Dieu qui lui avait donné pour office de sauver son peuple (1)
Pour convaincre les grands, le souverain leur accorde de larges bénéfices fiscaux. A l'étranger, seuls Jacques I d'Aragon etEdouard d'Angleterre prennent la croix.
Le départ a lieu au début de l'été 1270 pour Tunis, sans doute sous l'initiative de Charles d'Anjou, et par méconnaissance géographique, beaucoup de contemporains ayant vu la Tunisie plus proche que l'Égypte qu'elle ne l'est en réalité.
Le 18 juillet les troupes débarquent à Carthage. Mais en l'attente de Charles d'Anjou, le roi tombe malade et meurt de la peste le 25 août.
Le retour difficile de l'armée en France ressemble à un cortège funèbre.
De son côté, Jacques I d'Aragon ne dépasse pas Aigues-Mortes. Édouard d'Angleterre parvient seul à Acre qu'il défendra jusqu'en avril 1272 où une trêve est conclue avec Baybars.
Mais la cause est scellée : le 18 mai 1291, Acre tombe.
Les expéditions du XIVe ou XVe siècles vers Byzance ou l'Égypte, se réduisent en fait à des campagnes de par son envergure, où brillent encore des chevaliers épris d'héroïsme et qui gardent la nostalgie de l'idée de croisade.
Mais celle-ci n'existe plus.
(1) J. LE GOFF Saint Louis Édit. Gallimard, 1996
Clochette
mar 05 déc 2006 20:58