Les inconnus qui firent l'Histoire
Au Moyen Âge, les paysans avaient une conception du temps très différente de la nôtre; ils se le représentaient comme quelque chose qui se répétait sans cesse et qui revenait toujours à son point de départ, à l'instar des aiguilles d'une horloge. L'idée de progrès, d'une marche continue vers un mieux, leur était totalement étrangère.
Le temps, pour eux, ne pouvaient être qu'à l'image des saisons, qui se suivaient et se répétaient indéfiniment. Ainsi le calendrier des paysans épousaient très étroitement la succession des activités agricoles: labours, semailles et récoltes rythmaient leur vie, de même que le calendrier agricoles s'imposait aux gens des villes.
Empereurs, rois, papes, marchands et guerriers célèbres, les personnages importants de l'histoire médiévale appartenaient à l'élite de la société, qui ne regroupait pas plus de 5% de la population. Qui étaient les 95% restants ?
Pour l'essentiel, c'étaient des paysans, des travailleurs de la terre. Depuis toujours, et jusqu'au début de XIXe siècle, ils représentèrent la base matérielle, le fondement de l'activité économique et de toute la civilisation européennes. Le dynamisme des marchands et des artisans fit la prospérité des cités médiévales, mais ce sont les paysans qui nourrissaient les citadins.
Le travail de la terre était pénible, astreignant et laborieux. Mais, bien organisé et de plus en plus efficace, il permit à l'Europe de survivre et de prospérer. Rarement évoqué par les chroniqueurs, ce peuple qui vécut dans les campagnes fut cependant l'obscur artisan de l'histoire médiévale.
je vous en parlearit dans de prochains articles.